Vincent Geantet a le sourire. À 50 ans, le viticulteur de Gevrey-Chambertin a réussi à faire de son domaine un des plus grands de l’appellation. Ses vins se vendent très bien, 2009 est selon lui, « un millésime de rêve » et ses enfants sont e. Émilie, sa fille, est à son compte depuis 2006. Grâce à l’achat de raisins, elle réussit à produire 12 appellations, soit l’équivalent de 4,4 hectares (28 000 bouteilles), sous son propre nom, Émilie Geantet. Avec le cahier des charges estampillé « Geantet » puisque la famille s’occupe de tout dans les vignes, jusqu’aux vendanges. Quant à Fabien, il prend tout doucement les commandes du domaine paternel, c’est lui qui a assuré, sous l’œil rassuré de son père, les vinifications des deux précédents millésimes. Bref, tout va pour le mieux au domaine Geantet…
Vendanges entières
Et 2009 sera donc un grand millésime… « des rendements maximum, une météo très favorable à partir du printemps (« avec de la pluie quand il fallait ») et « facile à vendre », selon lui. Du coup, pour ce millésime idéal, on s’est même permis « quelques fantaisies », par exemple en pratiquant la vendange entière (vinifier avec l’ensemble de la grappe) sur une appellation comme Chambolle-Musigny. Et en goûtant ses fantaisies, Vincent Geantet affiche là encore un large sourire. Pourtant sans langue de bois, il annonce : « la vendange entière, j’étais contre. Nous avions fait des essais en 1983 mais cela n’a pas été concluant. Mais en goûtant au Domaine de la Romanée-Conti ou chez son voisin de Morey-Saint-Denis, le domaine Dujac, j’ai constayté que certains vins étaient parfaits », raconte-t-il. Chez Vincent Geantet, le mot « parfait » a du sens. Lui qui cherche à chaque millésime à élever les débats avec des vins plus droits, plus fins. Alors, même près de 20 ans après, le viticulteur se laisse une seconde chance. « Je me suis laissé séduire avec des rafles bien mûres », en surveillant le vin car le bois du raisin a tendance à absorber l’acidité du vin. Mais les essais sont, pour l’heure, très concluants.
Le domaine de 14 hectares, et qui produit 14 vins différents, est arrivé à un niveau qui fait le bonheur de la famille et des amateurs, de plus en plus nombreux à vouloir goûter la patte Geantet. Justement le style Geantet, comment le définir ? « Puissance et finesse », répond sobrement le viticulteur de Gevrey. Puissance de ses vieilles vignes qui affichent parfois plus de cent ans au compteur ; finesse du pinot noir vinifié à la bourguignonne en respectant les terroirs. D’ailleurs, comme souvent en Bourgogne, le terroir n’est jamais très loin… « Nous avons la chance d’avoir des vignes sur quelques-uns des plus belles parcelles de Gevrey-Chambertin », explique Vincent Geantet. En particulier du côté de Brochon, le village voisin. « Les anciens avaient l’habitude de dire : “Gevrey le nom, Brochon, le bon”. C’est là que l’on trouve les meilleurs terroirs de Gevrey-Chambertin », avance-t-il.
Un nouveau domaine près de Pouilly-sur-Loire
Bien dans son domaine, Vincent Geantet l’est aussi à quelques centaines de kilomètres plus loin. Le voilà désormais investit avec son ami viticulteur de Sancerre, Alphonse Mellot, dans la renaissance d’un vieux vignoble, celui de la Charité-sur-Loire, dans la Nièvre. Si le vignoble n’est pas officiellement reconnu par les instances viticoles comme une appellation bourguignonne, les vins issus de ces coteaux charitois ne partent plus au vinaigre comme ce fut le cas en 2004 et 2005. Bien au contraire. Les Pénitents, 12 hectares en blanc et 6 hectares en rouge, se déclinent en deux cuvées : une 100% chardonnay vinifiée par Alphonse Mellot, et une autre100% pinot noir, vinifié par Vincent Geantet, commencent à se tailler une jolie réputation.
:: Bourgogne rouge « pinot fin » 2009
Ce n’est pas le plus huppé de ses vins mais le Bourgogne a le mérite d’être un peu plus accessible, par son prix d’abord, 14 euros, mais aussi dans le stocks. C’est la nouvelle tendance en Bourgogne, produire des vins génériques plus courts, plus légers, mais on retrouve bien le style de la maison. Ce pinot est complexe, structuré et fin.
:: Gevrey-Chambertin premier cru « Le Poissenot » 2009
C’est sans doute le vin le plus représentatif du domaine. Ce premier cru en 2009 va faire des envieux. Équilibré et gourmand, il dégage la puissance de son terroir, nous sommes ici en plein cœur de la Côte de Nuits, et la finesse d’un pinot qui, lorsqu’il est bien travaillé, n’a pas beaucoup d’égal.
:: Charmes-Chambertin grand cru 2009
Que dire si ce n’est que c’est le grand cru le plus connu et le plus courant de Gevrey (plus de 27 hectares à lui tout seul). En 2009, celui de Vincent Geantet comprendra 50% de vendanges entières. De quoi donner un peu plus de corps à ce vin qui n’est pas aussi charpenté qu’on peut le penser.
>> Plus d’infos au domaine, à Gevrey-Chambertin. Tél. : 03 80 34 32 37 ou www.geantet-pansiot.com