
C’est le millésime du siècle, dit-on et lit-on partout. Effectivement,
on peut déjà se rendre compte du potentiel de cette année magnifique.
Très grande année et bons très jeunes en plus, même s’il ne faut pas
conseiller aux amateurs de les sortir tout de suite… patience, ils n’en seront
que meilleurs.
Les vins rouges sont très purs, sur le fruit avec des arômes de cerise
noire qui nous donnent cette sensation savoureuse. Quelque soit leur
niveau et leur terroir, cela fait des bons vins, des grands vins pour
certains. On dit qu’il fallait être vraiment mauvais pour rater ce millésime.
Les blancs sont relativement fermés aujourd’hui (en 2007), pas très
aromatiques, riches en tanins mûrs et avec une belle minéralité. Gardez les
au frais le plus longtemps possible.
2006 suit d’assez près 2005, c’est un millésime de qualité que l’on pronostique vin de
restaurateur (car bons à boire tout de suite). Il y a suffisamment d’éléments et d’indices pour dire
que cela fera des grands vins.
En blanc, le millésime offre une très bonne maturité sans manquer d’acidité, cela donnera des vins très gras. Ils présentent une grosse richesse aromatique, naturellement riches.
Wait and see (attendons et voyons).
Les rouges sont des vins de gourmandise avec encore des différences
selon les Côtes. Et devinez qui s’en sort encore mieux ? La Côte de Nuits qui
présente plus d’homogénéité grâce à la clémence de la météo sur ses
terroirs qui en plus drainent mieux les précipitations. Les vins sont sur le fruit,
très souples, gourmands, avec de jolies couleurs, un vrai millésime de
restaurateur. Sur ce millésime la notion de terroir s’exprime de manière évidente.
Je ne pense pas que ce sera un millésime de garde sur la Côte de Beaune,
quoi que, il faut voir avec le temps et suivre le vin en le goûtant régulièrement
pour voir comment il évolue, on a toujours des surprises.
Pour l’instant réservez les et gardez les en cave quelques années.
C’est un millésime hétérogène, qui demandera beaucoup de travail,
au contraire de 2005 où personne ne pouvait passer à côté.
Celui qui n’a pas surveillé sa vigne, effeuillé correctement… aura des problèmes.
Il aura fallu être sur tous les fronts. En avril, la vigne avait un mois d’avance et, en septembre,
pendant les vendanges, nous avons constaté un gros décalage de maturité entre les rouges et
les blancs. Le pinot était prêt alors que les blancs ont réclamé plus de temps.
Résultat : au mois de mai, les fermentations malolactiques ne sont pas terminées en blanc.
Ce fut une année de vigneron où il a fallu prendre de vraies décisions.
Mais difficile de se prononcer sur ce millésime 2007 quelque peu atypique.
Les blancs ont une belle richesse aromatique ; les rouges sont gourmands avec des tanins soyeux.
Une fois n'est pas coutume, 2008 n'est pas annoncé comme "Ze" millésime du siècle. Au contraire, on aurait même tendance à le dénigrer. Est-ce justifié ? C'est ce qu'on a essayé de savoir en s'arrêtant ci ou là pour regarder ces vignes très automnales et ce raisin limite botrytis (du nom du champignon responsable de la pourriture noble). À la veille des vendanges, il fallait donc goûter pour se faire un avis. Mais pas seulement, nous avons également demandé à quelques professionnels de la profession, en Côte de Nuits, en Côte de Beaune, en Saône-et-Loire et même dans le Chablisien.
Résultat des courses : 2008 nous paraît plutôt pas mal. Deux raisons justifient ce commentaire : la météo les deux semaines précédant les vendanges et la concentration des raisins. Il est évidemment trop tôt pour qualifier ce millésime mais déjà plusieurs tendances se dégagent : les blancs de la Côte de Beaune sont très prometteurs. Les rouges de Bourgogne auront échapper au pire mais le travail du viticulteur fera la différence : beaucoup de tri et de surveillance durant les vinifications pourront sauver le millésime.
Conclusion : les mauvais domaines feront cette année du très mauvais. Plus qua jamais, la Bourgogne se fera donc élitiste.
Après un hiver long et froid, le printemps s’installe dès le mois d’avril, avec des températures supérieures aux normales et permet à la vigne de reprendre rapidement son activité. Le temps chaud, sec et ensoleillé de la seconde quinzaine de mai, initie une floraison rapide et homogène pour les parcelles les plus précoces (proche de 2003), tandis que la floraison des zones tardives est étalée et plus hétérogène, suite à un net rafraîchissement des températures, début juin, mais l’ensoleillement reste excédentaire.
Juillet laisse une impression générale de beau temps malgré de nombreux orages qui apportent dans certains endroits, des cumuls d’eau importants. La phase de maturation des raisins se déroule dans des conditions idéales. Chaleur et soleil sont au rendez-vous pendant les mois d’août et de septembre. Seuls quelques orages sans conséquence viennent perturber ce beau temps.
Résultat : avec ce millésime 2009, on obtient des vins de séduction, d’élégance, de plaisir, ronds et soyeux.
:: L’avis de Divine Comédie :
Comme souvent dans les années en 9, les vins sont de qualité, puissants et droits. Ils offrent aussi une structure qui en fait un millésime de garde. Mais ce 2009 semble avoir quelque chose en plus, que 1999 n’avait pas par exemple, de la gourmandise et de la fraîcheur. Tous les vins que nous avons eu la chance de déguster, chez Armand Rousseau, Vincent Geantet, à Gevrey-Chambertin, Vincent Dureuil, à Rully et bien d’autres… présentent tous une finesse qui nous laisse à penser que ce millésime en fera un millésime recherché. Il sera malheureusement cher et difficile à trouver.