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2000 - 2005

2000 : facile à boire

  • les blancs : à boire pas trop vieux
  • les rouges : à boire dès aujourd'hui

Un millésime différent selon les côtes. La Côte de Beaune a une nouvelle fois été plus bousculée que la Côte de Nuits. Il y a eu des orages pendant les vendanges (les 10, 11 et 12 septembre). Donc il y a eu beaucoup d’eau et nous avons donc dû commencer les vendanges plus tôt. Forcément, il y a donc eu des différences de maturité entre le pinot noir, plus précoce que le chardonnay.

En Côte de Beaune, cela donne un millésime avec peu d’acidité, des vins tout en douceur, très arrondis, faciles à boire tout de suite. Les vins rouges sont ce que l’on appelle des vins gourmands. Je conseille donc des les boire dès aujourd’hui.

La Côte de Nuits a été plus gâtée, il est tombé moins d’eau sur les sols de Nuits, Morey, Gevrey qu’à Beaune ou à Meursault. Résultat : les vins sont plus structurés, plus classiques, sérieux, avec des arômes d’épices et des petits fruits des bois, avec une belle structure tannique. Débouchez les tout de suite pour en tirer le meilleur.

Les blancs ont demandé plus de patience, nous les avons laissé patienter jusqu’à fin septembre pour obtenir la meilleure maturité. Cela donne des vins beaucoup plus flatteurs au début en tout cas qu’un millésime comme 1999. Des vins assez enrobés, gras mais avec assez peu de fruit. Je conseille aussi de les boire pas trop vieux.

2001 : précision et raffinement du pinot

  • les blancs : à boire tout de suite ou à laisser veillir jusqu'en 2011-2012
  • les rouges : à ne laisser pas trop veillir

C’est un millésime qui a connu pas mal d’accidents climatiques : il y a eu par
exemple de la grêle sur la Côte de Beaune. Beaune, Volnay et Pommard ont été
particulièrement touchés début août par les caprices du ciel. Résultat : on constate
une légère surmaturation, avec des vins sur le fruit mais pas très concentrés,
ce n’est pas un grand millésime, ne le laisser donc pas trop vieillir.

La Côte de Nuits s’en sort mieux avec des vins très raffinés, très pinot:
racés avec beaucoup de finesse. C’est vraiment un millésime facile pour découvrir
la qualité du vin rouge de Bourgogne.

Les blancs sont très bons. Il y a beaucoup de fruits, fruits confits, agrumes
avec un certain caractère exotique. L’acidité est tendue mais avec des raisins
mûrs. Cela donne des vins exubérants au niveau de sa palette aromatique,
il y a du miel, des notes grillées, des vins très aériens, à boire maintenant
parce que c’est très bon ou à laisser vieillir jusqu’en 2011-2012 parce
que c’est aussi très bon.

Vous pouvez le déguster aujourd’hui ou le laisser vieillir encore quelques années
(jusqu’en 2010).

2002 : millésime de précision et de pureté

  • les blancs : presque fermés aujourd'hui
  • les rouges : les laisser reposer tranquillement jusqu'en 2012

Un millésime de précision, avec de la pureté, une belle maturité et un état
sanitaire parfait, tous les raisins étaient très sains, sans pourriture. La grandeur de
ce millésime dépend évidemment de la grandeur du terroir mais les vins sont bien
à leur place: avec du fruit, tout en délicatesse, avec une belle maturité des tanins.

Les blancs sont de super vins de garde, presque fermés aujourd’hui, en 2007.

Le pinot s’exprime lui aussi très bien et dévoile toute sa finesse et son
raffinement. Le millésime 2002 est celui du fruit et de l’élégance, je conseille
de les laisser reposer tranquillement jusqu’en 2012.

2003 : la canicule

  • les blancs et les rouges : à boire par précaution

Ah, si on avait respecté ce millésime, on aurait pu faire de grandes choses !
Evidemment, les conditions n’étaient pas optimales , il a fallu vendanger
très précocement, vers le 20 août. La faute à la canicule qui sévit dans toute
l’Europe. Il a donc fallu s’adapter aux conditions extraordinaires, vendanger le matin
(certains le soir), en utilisant des systèmes de refroidissement dans les caves.
Il a fallu également faire quelques petits réglages pour compenser le manque
d’acidité. Les raisons étaient minuscules, donc très peu de jus, pas de tri à faire,
les raisins étaient très sains et très riches en polyphénols (ces familles de molécules
organiques, du métabolisme secondaire des plantes, sont connus pour leurs effets
bénéfiques
sur la santé, en particulier grâce à leur rôle d’antioxydants).

Je conseille de les boire par précaution car je n’arrive pas à savoir si ce
millésime peut se garder. Mais je pense qu’il a quand même un potentiel de
vieillissement, les plus courageux peuvent donc prendre ce risque. Même chose
pour les vins blancs qui présentent une très belle minéralité.

2004 : difficile à qualifier

  • les blancs : à boire ou à garder
  • les rouges : à garder

En rouge, la Côte de Nuits s’en sort comme d’habitude mieux sur l’état
général (en particulier les grands terroirs). Cela donne des vins classiques,
sérieux, assez fermés… bref, des vins de garde.
La Côte de Beaune est très hétérogène, il y a encore eu de la grêle. Les rouges
sont encore fermés aujourd’hui, je considère que ce ne sont pas des vins
très faciles à boire, ni à juger pour le moment.

Les blancs sont très bons, similaires à ceux de 2001, avec des agrumes,
des vins avec des arômes citronnés et des notes de surmaturité très
sympathiques
. A boire ou à garder pour ceux qui aiment les vieux
vins blancs.

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