
![]() « Le vin est une quête perpétuelle d’excellence, un subtil équilibre entre le savoir-faire du producteur et l’innovation » peut-on lire sur la présentation de la Crecep. Derrière ce sigle se cache le Comité d’Intérêt Scientifique de la Vigne et du Vin créé en 1989 pour favoriser la coordination des projets de recherche en Bourgogne. L’innovation est devenue la meilleure alliée des domaines viticoles, qui peuvent compter sur la recherche pour trouver des parades aux défauts du vin. Par exemple, lorsque les professionnels réalisent que le goût de moisi-bouchon trichloroanisole (TCA) contamine environ 10 % des vins, la machine scientifique se met en marche. La recherche est donc devenue primordiale pour aider les maisons et les domaines viticoles à optimiser la qualité, à réduire les impacts sur l’environnement et à préserver le patrimoine culturel des sociétés vigneronnes. Ce sont aujourd’hui les trois axes proposés par la Crecep. À la base de cette structure, sept partenaires qui participent à son bon fonctionnement : le BIVB (Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne), l’Institut français de la vigne et du vin, la Crab (Chambre Régionale d’Agriculture de Bourgogne), la Draf (Direction Régionale de l’Agriculture et de la Forêt), l’Enesad (Établissement National d’Enseignement Supérieur Agronomique de Dijon), l’Inra (Institut National de la Recherche Agronomique), l’Université de Bourgogne et l’Institut Jules-Guyot où est hébergé la Crecep. La Crecep s’appuie sur un important dispositif de recherche et d’expérimentation « vigne et vin ». Elle rassemble environ 70 chercheurs, enseignants-chercheurs, ingénieurs et techniciens, appartenant à sept institutions distinctes et répartis entre 24 unités de recherche, laboratoires et centres techniques, soit au total l’équivalent de 35 temps-plein. Cette structure, unique en France – l’une des rares à coordonner autant d’équipes scientifiques au service de la qualité du vin – « accompagne les viticulteurs, les œnologues, les négociants-éleveurs et tous les acteurs de la filière vin pour les aider à optimiser leurs pratiques dans le respect de l’environnement, et de conforter leur compétitivité », détaille Odile Meurgues, désormais à la tête de cette coordination. La science a beaucoup travaillé ces dernières années pour apporter des solutions aux viticulteurs et pour les sensibiliser aux solutions alternatives à la lutte chimique (produits phytosanitaires, pesticides…) : « Les chercheurs travaillent sur des méthodes dites biologiques ou par stimulation des réactions de défense de la vigne, explique Odile Meurgues. C’est un thème de recherche dans lequel la Bourgogne investit de façon importante depuis des années. Et les résultats sont là ». Mais il reste du travail aux chercheurs : trouver des réponses aux maladies qui restent encore sans parade comme les maladies du bois de la vigne par exemple, et sensibiliser les viticulteurs à ne pas faire n’importe quoi avec l’environnement. L’innovation scientifique ces dernières années s’est attachée à trouver les meilleures réponses, pas forcément celles qui ont le plus d’efficacité, comme c’était le cas auparavant avec les produits chimiques, mais celles qui semblent en phase avec une viticulture durable, plus à l’écoute de son environnement. En sachant bien que le bio n’apporte pas (encore) toutes des réponses. Réagissez |