
![]() Il y a ceux qui ont fait leur apparition dans les linéaires des supermarchés d’autres sur la scène médiatique. Bio, biodynamie, agriculture raisonnée, viticulture durable… Il n’y pas de recette miracle, pas de bons ou de mauvais élèves mais seulement des concepts et des termes qu’il s’agit d’utiliser à bon escient… histoire de savoir de quoi on parle. L’agriculture raisonnée, c’est pour certains le premier pas. Ceux qui luttent contre les organismes nuisibles en suscitant des prédateurs naturels et non des produits chimiques. Et c’est aussi le seul label qui existe en tant que tel, c’est à dire qu’il a une existence juridique propre. Depuis 2002 en France, il y a en effet un décret relatif à la qualification des exploitations. Il impose le respect d’un référentiel comprenant 97 points, dont 42 imposés par la loi. Sur l’ensemble de ces critères, la moitié concerne la viticulture. Pour l’instant et contrairement à ce que l’on peut lire ou entendre, le « vin bio » n’existe pas ! On nous aurait menti ? Oui et non car en réalité on trouve seulement des vins « issus de l’agriculture biologique », avec des raisins qui eux sont bios. Mais bonne nouvelle, à partir de 2010, les consommateurs devraient pouvoir acheter des vins 100 % bios, c’est à dire certifiés de la vigne à la bouteille, tout au long du process. D’autres vont encore plus loin et adoptent un mode de culture en biodynamie. Une méthode inspirée, par un pseudo « philosophe » autrichien du début du Xxème siècle, Rudolf Steiner. Elle a le mérite de ne préconiser l’utilisation d’aucun traitement chimique à l’exception du soufre-fleur et du sulfate de cuivre contre l’oïdium et le mildiou, mais à des doses homéopathiques. Ni désherbant, ni pesticide, ni engrais de synthèse, ni potasse : les produits phytosanitaires sont bannis et l’on fait davantage confiance aux rythmes cosmiques appliqués à la terre. Alors bien sûr on entend déjà les sceptiques s’interroger sur l’utilisation de fumier obtenu à partir de composts biologiques, de bouses de vache enrichies, de tisane de prêle, d’ortie ou de thuya, ou encore de cendres de papillons pour combattre les vers de la grappe… Mais lorsqu’un domaine aussi prestigieux que la Romanée -Conti se lance dans la biodynamie, ça remet évidemment les pendules à l’heure. Viticulture durable : deux mots pour s’acheter une conscience ? Non.La machine est belle et bien en marche. La surface de vigne cultivée en bio en Bourgogne a triplé depuis 2000 pour atteindre aujourd'hui 1000 hectares. Au total, 104 domaines ont reçu une certification bio. On s’entête depuis des siècles à faire de très grands vins sur ces coteaux, selon des méthodes rigoureuses et originales mises au point et conservées par ceux qui, génération après génération y ont travaillé. Aujourd’hui il s’agit, après les errements du dernier demi-siècle de ré-inventer, avec des moyens différents, une nouvelle viticulture qui aura les mêmes visées d’excellence. Un élan, qui doit s’ancrer dans la tradition culturelle et historique du terroir. Les viticulteurs bourguignons sont des hommes de terrain : les vignes et leurs vins obéissent à une hiérarchie fondée depuis toujours sur le « climat », le terroir auquel s’ajoute la notoriété du propriétaire. Les bons crus de Bourgogne ont gagné leur réputation à des époques où il n’y avait pas de technologie, où le travail de la vigne était entièrement manuel, soulignant ainsi la patience, le respect et l’écoute que requiert le travail du sol. Tout indique qu’après le « tout chimique » c’est vers le « 100 % naturel » que se tourne la Bourgogne. |