Méo-Camuzet, l’homme et le terroir
Alors qu’il se destinait à faire carrière dans la finance, Jean-Nicolas Méo a finalement repris le magnifique domaine familial de 16 hectares à Vosne-Romanée. En avouant que vinifier quelques-unes des plus belles appellations de la Côte de Nuits (Richebourg, Echezeaux…) a beaucoup compté dans sa décision.
| Jean-Nicolas Méo était parti pour faire carrière dans la finance. La famille possède bien un domaine depuis la fin du 19ème siècle (le domaine a été créé par Étienne Camuzet et légué en 1959 à la famille Méo, faute d’héritier) mais à l’époque, il est de coutume de laisser la terre pour faire carrière à Paris. « Surtout qu’à l’époque, le métier de viticulteur n’avait rien de glamour », analyse Jean-Nicolas Méo, désormais à la tête d’un domaine de 16 hectares à Vosne-Romanée (dont 12 en propriété). | |
| À l’école Henri Jayer Inutile de lui reposer la question aujourd’hui, Jean-Nicolas ne regrette pas la grande carrière de son père qui a travaillé à Matignon avec un certain Charles de Gaulle. En quelques années, il a fait des appellations qu’il met en bouteilles de vraies références pour les amateurs. Il faut dire que le jeune régisseur est allé à bonne école, celle d’Henri Jayer. L’apôtre des vins plaisir a su transmettre son amour du vin bien fait. L’élève se souvient encore des conseils du maître : « un bon vin, c’est un vin que l’on peut boire à tout moment et qui flatte le palais ». |
| « Une connaissance intime de nos parcelles » Le viticulteur de Vosne-Romanée a pris de la bouteille depuis, même s’il répète qu’il est « sûr de ne rien savoir ». « Je n’ai pas de certitudes, je sais juste ce que j’aime et ce que j’aime moins. Ce qui est important, c’est qu’un vin soit fait avec finesse. Et cela exclut les systèmes de pensée et les recettes toutes faites. Et pourtant, il y a bien un style Méo-Camuzet, des vins avec des tanins fins évidemment et une grande place laissé aux climats. Les Vosne-Romanée, Chambolle-Musigny, Nuits-Saint-Georges et autres grands crus (Richebourg, Clos Vougeot, Echezeaux…) laissent parler le terroir avec une classe digne des plus grands Bourgognes. Jean-Nicolas Méo préfère minimiser son rôle et intervenir au minimum sur la vigne. « Il faut s’adapter et répondre aux différents problèmes que l’on rencontre. |
| C’est pour cette raison que j’ai préféré sortir de la certification “bio”, même si la majorité de nos parcelles respecte cette notion. Nous sommes aujourd’hui davantage dans le préventif et dans la surveillance de la vigne. Nous avons ainsi une connaissance plus fine et presque intime de nos parcelles », raconte le viticulteur. Méo-Camuzet, c’est finalement de grands terroirs et une petite touche personnelle. | |
