Vin et recherche

French Paradox

Des chercheurs dévoilent le secret du "French Paradox"

Thèse scientifique, argument marketing, info, intox… le « french paradox » aura au moins eu le mérite de faire parler – et écrire – journalistes, médecins, chercheurs et organisations de prévention contre l’alcoolémie... « De nombreuses études épidémiologiques s’accordent depuis longtemps sur une réduction du risque de maladies cardiovasculaires pour les consommateurs modérés de vin rouge », indique l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), dans un communiqué qui n’y va pas par quatre chemins. > lire la suite Selon une équipe du professeur Ramaroson Andriantsitohaina, le « french paradox » serait enfin identifié d’une manière très scientifique. « En identifiant le sous-type du récepteur aux œstrogènes comme l’acteur clé de la voie de transduction des polyphénols du vin, des chercheurs d’Angers (Unité mixte Inserm 771 – Université d’Angers -Biologie Neurovasculaire Intégrée) dévoilent notre si cher “French Paradox”. Leurs résultats sont parus dans la revue PLoS ONE [ndlr : un journal scientifique consultable sur www.plosone.org] ».

Le french paradox ?

Il est difficile d’arbitrer ce débat avec, d’un côté, les « pour » et, de l’autre, les « contre ». Une consommation modérée (deux à cinq verres par jour selon les études) de vin rouge ne nuirait pas à la santé, bien au contraire. Les associations de prévention en alcoologie sont folles de rage en parcourant les différents articles sur la question dans la presse : c’est le jeu du bobby du vin du vin contre les associations de prévention… Le consommateur dans tout ça n’y comprend pas grand chose. Bon pour lutter contre la maladie d’Alzheimer. Bon pour vivre plus longtemps, pour la prostate… mais mauvais pour le foie, le pancréas… Les études scientifiques sur la consommation de vin sont aussi nombreuses que contradictoires. Certains soupçonnent le lobby vin de financer les études en faveur du vin. Mêmes soupçons à l’égard des associations comme l’Anpaa (Association Nationale de prévention en alcoologie et addictologie), financées, elles, en partie, par l’État. Le french paradox – expression inventée par les anglo-saxons pour expliquer que la consommation de vin rouge permettrait aux Français d’être moins touchés par les maladies cardiovasculaires et ce, malgré leur alimentation riche – est donc tout aussi paradoxal. Et le consommateur reste quant à lui dans le flou. Car la loi sur les allégations nutrition et santé, qui impose aux industriels de prouver la véracité de leurs propos, a beaucoup de mal à se mettre en place.

Heureusement, les chercheurs de l’Inserm annoncent avoir « réussi à démontrer scientifiquement » ce paradoxe à la française. L’équipe angevine est parvenue à « identifier les polyphénols du vin comme responsables d’un effet vasodilatateur via la production de monoxyde d’azote (NO) par les cellules endothéliales ». Cette première explication moléculaire a permis de vérifier par quel mécanisme moléculaire les polyphénols du vin rouge conduisent les cellules des parois des artères et veines à produire du monoxyde d’azote, un vasodilatateur. En attendant une contre expertise et le tollé que cette étude va provoquer, ces polyphénols du vin pourraient donc être utilisés par la suite par les chercheurs pour lutter contre des pathologies liées à des problèmes cardiovasculaires. C’est déjà.

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