| Fleuron de la Bourgogne, climat s’il en est, la Romanée-Conti a donné son nom au Domaine, héritier d’une belle histoire ! En octobre 1241, une dizaine de moines du prieuré de Saint-Vivant se réunissent en conseil et décident de vendre le Cros des Cloux, cette parcelle qui constituait la partie ouest de la vigne des Cloux de Saint Vivant reçue un siècle auparavant des Ducs de Bourgogne. Sa superficie était très sensiblement celle d’aujourd’hui. Ainsi est rendue au monde cette pièce de terre qui sera célèbre plus tard sous le nom de Romanée-Conti. En effet, en 1760, le Prince de Conti acheta la Romanée, devenue Romanée-Conti, a un prix jugé tout à fait extravagant à l’époque. Et il le réserva pour lui pendant tout le temps qu’il fut propriétaire.
Ce climat vendu comme bien national l’an II de la République (1791) fut l’objet d’une expertise dont le procès-verbal se trouve aux Archives départementales de Côte d’Or. On y trouve des expressions d’un lyrisme inhabituel pour un tel acte administratif... « La Romanée Conti est la pièce de vigne célèbre par la qualité exquise du vin qu’elle produit. Elle est estimée dans le territoire viticole de Vosne comme étant dans la position la plus avantageuse pour que le fruit obtienne la plus parfaite maturité. Plus élevée à l’occident qu’à l’orient, elle présente son sein aux premiers rayons du soleil, ce qui lui procure les impulsions de la plus douce chaleur du jour. »
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En ce même rapport d’expertise, on trouve une excellente présentation de son terroir. « Le terrain qui nourrit cette vigne est suffisamment profond, de la qualité la plus propre qu’il soit possible de désirer pour opérer la végétation et le soutien de la vigne. On y cultive le pinot noir ; les ceps portent bien leur fruit et ne sont pas susceptibles de coulaison, comme beaucoup d’autres climats. (…) Nous ne pouvons dissimuler que le vin de la Romanée-Conti est le plus excellent de tous ceux de la Côte d’Or et même de tous les vignobles de la République française… Sa couleur brillante et veloutée, son parfum et son feu charment tous les sens. Ce vin, bien entretenu et bien conditionné, arrivant à sa huitième et dixième année, augmente toujours en qualité. Il devient le baume des vieillards, des faibles et des infirmes, et rendrait la vie aux mourants ». Un peu plus tard, un oenophile célèbre, le Docteur Ramain écrira que « rares sont les élus appelés à l’honneur d’apprécier une bouteille de ce vin magnifique, au bouquet pénétrant de violette mêlé d’une senteur de cerise, à la robe de rubis éclatant, à la suavité d’une exceptionnelle finesse. »
La Romanée Conti regarde l’est, à 260 mètres d’altitude, à mi versant, sur une pente douce. Elle expose son sol brun calcaire peu profond, carbonaté, ferrugineux, dotés d’excellentes argiles, aux caressants rayons du soleil levant. Ce sol est installé sur un substratum de calcaires durs du Jurassique moyen nommé marnes à Oestrea acuminata. Un remarquable manteau de fins éboulis tapisse cette roche mère et a bien résisté à l’érosion.
La Romanée Conti sublime le terroir emblématique de Vosne-Romanée pour enfanter ce vin divin, à la robe rubis étincelante, au bouquet envoûtant de cerise, de violette et d’églantine qui évolue en mûrissant sur la pétale de rose. Sa noble consistance se décline sur une texture satinée à nulle autre pareille. Harmonie et soyeux sont toujours au rendez-vous quand la Romanée-Conti est à sa maturité optimale, même en millésimes petits et moyens. |