Bu par Karine Valentin

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Bu Par… Karine Valentin


Dans son équipe, on la surnomme la boss de la Bourgogne. «Parce que la Bourgogne se mérite, dit-elle. Ce sont des vins qu'il faut aller la chercher, avoir la maturité». Karine Valentin est devenue une référence dans le monde du vin. Une femme aux commandes pour tirer les verres du nez des plus grands vignerons de la planète… c'était le souhait du groupe Marie Claire.

  « L’aimer, c’est l’apprivoiser, en reconnaissant qu’on ne sait rien », raconte la responsable Vin du magazine Cuisine et Vins de France en préface de son dernier dossier sur la Bourgogne. Une femme chef de la rubrique vin, les professionnels ont dû revoir leur manière de travailler. «Je ne suis pas du genre à tomber à quatre pattes devant une étiquette comme la plupart des journalistes». Le ton est donné.
En 20 ans, Karine Valentin est même, dit-on, devenue la boss de la Bourgogne, une région particulière pour elle, «car j’aime les vins qu’il faut aller chercher, explique Karine Valentin. J’ai mis 15 ans à comprendre ce terroir et ses vins qui parlent, des crus auxquels on n’accède pas facilement. Il faut aller chercher le chardonnay et le pinot au bout la racine. Aujourd’hui, c’est ma région de prédilection, parce que j’ai la «maturité». Son premier flash, elle l’a en rencontrant un certain Henri Jayer : «j’étais jeune, parisienne et une femme de surcroît. Je me retrouve chez Jayer, j’ai tapé à sa porte, il avait sa casquette, il se grattait la tête pour savoir s'il allait me laissser rentrer. Il était 14 heures quand je suis arrivé et je suis repartie la nuit était tombée. C’était un très grand moment pour moi, déguster avec lui ses vins est un moment inoubliable.»
La journaliste se rappelle de quelques chocs frontaux comme avec ce Riesling pour elle la méditerranéenne. «Ces grands crus un peu âgés sentent la terre, ils sont vifs, acides, c’est magique, ça prend aux tripes.»
Plus que la maturité, Karine Valentin a du caractère et une vraie sensibilité pour ce milieu qu’elle connaît sur le bout des doigts. Son enfance, elle la passe à Cogolin, dans le domaine familial où elle apprend à vendanger, à tailler, à conduire le tracteur…
La Marseillaise sait donc de quoi elle parle mais pas encore comment l’écrire quand elle débarque à Paris après avoir tiré un trait sur une carrière de commissaire de police. La provençale arrive dans la capitale avec dans ses bagages une maîtrise de droit, DESS droit de la vigne et du vin. «J’ai commencé dans la finance en faisant un mémoire sur le foncier viticole et l’euphorie des grands groupes qui achetaient des domaines».
 
Plus de 1 000 vins dégustés chaque année
Mais elle a rapidement le blues à jouer « les rats de bureau ». Le seul moyen de retrouver le terrain, c’est la presse. Elle tape à la porte de Boisson Restauration Actualité (BRA). Une chance pour elle de se faire un style et surtout de prendre le maquis et déguster, parfois 200 à 300 vins dans le week-end. «C’était l’euphorie dans la presse», se souvient-elle et c’est à cette époque que le groupe Marie Claire lui propose le poste de responsable de la rubrique vin. En 1994, elle sort le premier numéro de la nouvelle formule de Cuisine et Vins de France (elle garde d’ailleurs la première «couv» du magazine).
Le seul moyen de retrouver le terrain, c’est la presse. Elle tape à la porte de Boisson Restauration Actualité (BRA). Une chance pour elle de se faire un style et surtout de prendre le maquis et déguster, parfois 200 à 300 vins dans le week-end.
« Je n’ai pas bougé depuis », raconte-t-elle. La passion est intacte. « Ce qui m’intéresse c’est le terrain, aller regarder les vignes, participer aux assemblages, rentrer dans la vie du vigneron qui habite souvent juste au-dessus de la cuverie, j’adore ça.» Elle regrette néanmoins que le marketing ait pris le dessus sur le produit : «il faut vendre à tout prix. Les vignerons se sont livrés au commerce. Avant ils faisaient leur vin et il fallait l’aimer ou pas. Aujourd’hui, on fait un vin pour les consommateurs. Mais je reste confiante parce qu’il y a des vignerons qui sont intelligents et qui gardent ce côté terroir, parce qu’ils ont compris le cycle du végétal. On ne fait pas du vin que pendant les vendanges. Les bons viticulteurs savent défier les lois du commerce, ce sont de vrais paysans qui ont un don pour la vigne. Ce sont des artistes, ils ont quelque chose de plus que les autres.»