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Dijon ne crache plus dans le vin

  
 par Patrick Lebas

Dijon réfléchit-elle à changer son image de marque ? On la sait tranquille, belle et emprunte de belles histoires… On la connait moins ville de vin. Et pourtant à l’époque où les Ducs avaient leur résidence à Dijon, il s’étaient arrangés pour faire de la capitale de la Bourgogne, une place forte du vin. Aujourd’hui, le maire en place, François Rebsamen, réfléchit à remettre les choses à leur juste place.
Tout semble aller plus vite aujourd’hui. Il faut dire qu'avec l’avénement de l’œnotourisme et le ralentissement du tourisme traditionnel, les institutionnels et les professionnels commencent enfin à se dire qu’il y a un truc à faire. Le truc justement, c’est de remettre la culture du vin en haut de l’affiche. Les politiques encore réticentes ne devraient plus s’y opposer aujourd’hui. Et les récents chiffres du tourisme ne leur donnent plus raison. À Dijon en particulier, où le vin est le grand absent de la vie culturelle (les touristes sont d’ailleurs les premiers surpris), les choses commencent à bouger : des projets de bars à vin et de cavistes sont dans les cartons. Les institutionnels ne peuvent plus faire l’autruche : la Bourgogne est une région de vin et de gastronomie et c’est son principal atout ! Voilà qui est dit.

Un signe fort envoyé, celui des municipalités de Beaune et de Dijon qui ont décidé de faire le voyage ensemble pour offrir à leurs côtes un classement au patrimoine mondial de l’Unesco. Après avoir décroché la première chaire Unesco « vin et culture » (officiellement lancée début septembre), Dijon pousse donc le bouchon jusqu’à s'allier avec sa capitale régionale des vins. Du jamais vu. « Une volonté forte et commune de donner au dossier une nouvelle dynamique », expliquent de concert François Rebsamen et Alain Suguenot, maires respectifs de Dijon et de Beaune. « Le dossier suit son cours mais c’est une procédure assez longue : quatre à cinq ans sont nécessaires pour espérer un aboutissement favorable ». Si la route est encore longue, le projet est en bonne voie. « Un comité informel a ainsi été créé pour répondre à toutes les exigences de l’Unesco », précise François Rebsamen. Ce sont les services de l’État qui, ensuite, soumettront la demande à l’Organisation des Nations Unies. La Bourgogne dispose d’un autre atout : le dossier est porté par la renommée de ses vins et de la Romanée-Conti. Et le maire de Dijon de rappeler que le prestige de ce classement permettrait aux deux côtes viticoles de profiter d’un impact médiatique non négligeable, en faveur des vins de Bourgogne bien sûr mais aussi de la filière touristique. Le dossier est compliqué mais il démontre la volonté des politiques de miser sur leur vignoble pour développer l’attractivité de leurs territoires. C’est un premier pas.
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